Les Services sociaux…

Que faut-il attendre du suivi et des rapports avec les travailleurs sociaux ?

Des prémices de son parcours de nouvelle maman jusqu’au point final de sa prise en charge, la jeune maman est parfois confrontée à se dévoiler à des personnes qu’elle ne connaît pas et qu’elle ne reverra peut être plus jamais après leur première rencontre.

Il est d’usage que pour le bon cheminement dans la tête de la jeune femme, la personne qui la découvre et la cueille au départ d’un nouveau chemin, ne  l’aiguille pas, ne la conseille pas non plus, elle reçoit parfois en même temps que le jeune maman, les réactions et les sentiments confus d’une nouvelle situation. Son rôle sera de faire réfléchir, de ne pas réagir, de ne pas vraiment la soutenir… Dans le meilleur des cas, elle constate et note… Pour des raisons qui ne serviront jamais ou très rarement sa cause.

Je n’arrive pas à comprendre encore que ces façons de travailler avec des adolescents en recherches de réponses sur l’avenir qui les attends soit la seule et unique alternative pour décharger le coeur d’une jeune maman d’une partie de ses angoisses et de ses culpabilités.

Ne faudrait-il pas, au delà de l’écoute unique et par choix de ne surtout pas prendre le risque d’en faire trop, poser à cette jeune personne en attente de solutions concrètes dans l’espoir d’amorcer un avenir bien flou en étant un minimum armé contre ce qui l’attend, les vrai questions? La prévenir des dangers, des embûches? Et ne plus la laisser avoir peur toute seule?

Comment peut-on penser qu’une jeune maman n’a ni l’envie ni le besoin que l’on lève une partie du voile sur les risques des décisions qu’elle pourrait prendre? Pourquoi prendre le parti d’aider par l’inactivité et le mutisme quand on sait pertinemment que l’adolescente en face de nous se met en danger? Quels genres de risques prend t-on lorsque, en toute conscience, nous laissons une maman adolescente prendre un chemin que nous connaissons ne pas être le plus sécurisant pour elle et son enfant , juste par peur de prendre trop de responsabilité par rapport à ce qu’il est demandé de prendre ?Comment se prétendre « aide social » quand la limite de ce service s’arrête à l’assistanat d’une chute sociale ?

La frontière est souvent très mince entre les services sociaux et la jeune maman à l’égard des rapports que ceux-ci établissent être eux.

Bien qu’ayant conscience du rôle de conseiller et du soutien que devrait avoir le professionnel en face d’elle, la jeune maman se sentira souvent méfiante à l’égard du pouvoir que pourrait avoir ce professionnel social sur son avenir de maman et sur celui de lui enlever son enfant si elle commet l’erreur de se confier un peu trop, en plus de toutes les conséquences terribles de quelques confidences faites avec une trop grande naïveté ou par réel besoin de se décharger d’un coeur trop lourd.

Un vrai problème se pose… Se confronter à des personnes se présentant comme bienveillantes sans véritablement savoir vers qui est dirigé cette bienveillance , au bébé ? A la maman? Aux services sociaux? Le poids de tout ce petit pactage émotionnel est déjà lourd à traîner, mais lorsque les seules personnes légalement missionnés pour les faire avancer ne leur inspire aucune confiance, sur qui pourraient elles réellement s’épancher sans craintes ?

Évoluer dans un monde avec la sensation permanente et lourde de ne pas se sentir correctement jugé est encore une fois le résultat de beaucoup de chagrin.

Vivre avec la menace que ceux qui nous connaissent le mieux soient ceux qui pourraient engendrer la perte de notre enfant.

L’aide passive me fait l’effet d’une lâcheté par laquelle personne ne se risquerai à véritablement venir en aide par le conseil et/ou la mise en garde, dans le but d’être le plus concret possible .

Tous les parcours de vie sont différents les uns des autres, par leurs passés, par leurs combats, par leurs blessures et leurs volontés d’arriver à élever leurs enfants malgré tous les obstacles que leur route peut contenir. Certaines auront donc besoin d’être rassurés, écoutés et parvenir à cheminer par elle même, d’autres de se confronter aux réalités de certains choix, visualiser les risques et connaître les aboutissants possibles d’une situation.

JUSTE UN DERNIER MOT …

J’ai effectué de nombreuses recherches concernant la prévention des grossesses précoces en France. j’ai constaté à plusieurs reprises ( sites: OMS, SENAT…) l’importance d’établir un dispositif de prévention pour ces grossesses, le ministère du Droit Des Femmes semble répondre à ce sujet de société par la prévention à travers l’éducation sexuelle à l’école, l’amélioration des conditions financières d’accès à la contraception pour mineurs…

Très bien mais après ? Qu’en est-il de la prévention une fois que la grossesse adolescente a été avéré ?

La prévention des risques pour le destin de la maman et de son futur bébé? La prévention sur leur santé physique et psychique à court et long terme? La prévention sur le contexte de vue de ce futur duo? Sur la solitude souvent mal vécu et en suivant parfois le regret des choix passés? La prévention du jugement, des regards, des menaces et de la pression de ne pas se sentir à la hauteur? La prévention de la stigmatisation à travers le regard des inconnus, des professionnels ou de sa propre famille? La prévention des espoirs cachés d’un nouveau départ? La prévention du rôle éprouvant d’une maman adolescente célibataire dans certains cas? La prévention des doutes, des pleurs, des petits copains qui disparaissent, du sentiment de s’être fait trahir par celui qui avait promis d’être là? La prévention des risques liés à une vie socialement pauvre qui entraîne la fragilité, la naïveté et l’influençabilité? La prévention des fins de mois difficile, des priorités que l’on devra apprendre à faire?

Se sentir l’âme d’un sauveur par le simple fait d’assister au basculement soudain d »une jeune vie dans un univers semé d’embûches est souvent plus simple que de s’accomplir de la véritable mission de sauver des parcours de vie.

Alizée T.