La force de nos erreurs

Nous mobilisons beaucoup plus de temps qu’il n’y parait pour prévenir des éventuels erreurs à ne pas commettre, aux personnes que l’on aime, celles qui nous entoure, celles dont nous connaissons le goût pour le danger et les personnes vulnérables que nous côtoyons parfois… Nous conseillons, intervenons et nous permettons souvent de mettre en garde des risques de la vie, des embûches, des dangers et des influences néfastes…

Nous connaissons, les risques de chacun de nos actes, notre conscience reconnaît parfaitement les dangers de chaque situations dans lesquelles nous sommes parfois attirés,  rien ne devrait inciter une personne « prévenue » à plonger, en connaissance de cause, dans les abysses d’une vie d’échecs prévisibles … Mais pourtant, je sais personnellement, qu’avec la meilleure prévention et la plus forte volonté du monde pour ne pas se mettre en danger, il suffit d’une seconde face à une vie de prévention, pour basculer d’un côté, duquel chaque personne qui nous entoure nous a pourtant prévenu des dangers et des cruels résultats…

Nous savons tous, avec un minimum d’expérience de la vie, qu’un destin, une vie, un avenir, a la particularité folle de pouvoir basculer en une fraction de seconde… Autant de travail, d’éducation, de conseil et d’amour ne peut rivaliser avec l’attirance et l’aspiration d’une vie qui nous est interdit par des personnes qui, parfois, n’en connaissent pas la noirceur eux même… Tant d’interdits, de crainte, de méfiance pour un monde que l’on nous empêche d’entrevoir …

Mais à 16 ans, n’est-ce pas pour certain, l’âge de la conquête d’un monde comme celui-ci? Un monde qui fait peur aux autres et qui pourrait nous apporter la force et la confiance nécessaire à notre âme si nous arrivions nous même à en ressortir sans la moindre séquelle ?

La maternité adolescente pourrait être parfois, ce monde inconnu, craint et dangereux pour les gens qui ne croient plus en nous… Un monde assez risqué et mal perçu pour trouver en celui-ci la vocation de prétendre être une personne assez courageuse si l’on s’en sort suffisamment correctement pour pouvoir balancer en pleine figure que l’on a gagné face à un monde que, ceux qui ne croyait pas en nous, n’avait eux même jamais eu le courage d’entreprendre ?

Être maman à 16, 17, 18 ans peut paraître être une situation si affaiblissante pour celles qui la vit; Elle dépeint généralement le passé et le présent d’une jeune fille en perte de repères, d’autorité et d’amour… Très bien, admettons… Mais qu’en est-il de cette jeune fille lorsque malgré ce lourd passé, malgré tous ces manques et ces importances qu’on lui reproche, elle réussit par sa détermination, sa colère et son impunité à devenir une maman combative, forte et aimante ?

Je peux vous assurer qu’il est possible d’avoir de grands rêves même si l’on a décidé ou non de devenir maman à 17 ans…

Il est possible de se faire la promesse de ne pas arrêter de se battre pour son avenir et de croire en un lendemain plus doux…

Il est possible de décider de combattre la vie que l’on a auparavant choisie d’affronter pour de mauvaises raisons parfois…

Il est possible d’être celle que l’on a toujours voulu être en empruntant un chemin interdit…

Il est possible de se sentir plus forte que jamais lorsque l’on a choisi de faire face aux galères prédites par les autres…

La critique est facile face à une jeune maman en quête de confiance, de reconnaissance et d’estime… Mais pourtant, que faudrait-il autant critiquer? Sa force de vie? Cette force qui lui permet de faire vivre ses rêves, ses espoirs et son enfant dans un univers qui pourtant , ne lui offrira pas la chance d’entrevoir de meilleures perspectives?

Il est si difficile de se sentir légitime lorsque les regards des autres nous interdit de faire émerger la conviction d’être une maman comme celles que l’on félicite du travail accompli …

Arrêtons de croire que par cette voie, elles ont choisis l’échec, mais reconnaissons plutôt que par cette voie, elles ont choisis de se donner la chance de se sentir encore plus forte!

Alizée T.

 

L’injustice des options pour les « papas »

Qu’en est il du disparu ?

Mais oui, celui qui a vu de loin venir les responsabilités, les charges et les inquiétudes ?

Celui qui, avec toute l’énergie qui l’aidera à se volatiliser des écrans radars, se précipitera dans les traîtres bras de la lâcheté ?

Ses études? sa jeunesse ? Tout comme son insouciance et sa famille, elles ne seront jamais remises en question pour la simple et bonne raison qu’il est physiquement disposé à choisir de prendre la fuite dans les cas où il devrait,  bien entendu, assumer ses (erreurs) responsabilités…

Précieux cadeau que d’être un homme aujourd’hui encore…

Qu’en est-il de l’égalité des chances ? Cette égalité qui a été portée et défendue par tant de femmes, mais qui pourtant, ne sera jamais définitivement appliquée à juste titre …

Le pouvoir des femmes est celui que certains hommes veulent volontiers leur laisser … Lorsque ceux-ci décide qu’une erreur mérite d’être rayée et niée, ils n’hésiteront pas et compteront sur le temps pour enfouir leurs conneries passés dans les oubliettes de leur mémoire sélective…

Si l’on peut affirmer au moins une chose, c’est bien celle de devoir être deux pour faire un enfant …

Mais pourquoi , dans les cas où, celles qui subissent des agressions sexuelles de la part de celui, parfois, en qui elles avaient le plus confiance , devraient vivre et défendre seule le fruit de l’acte infâme et cruelle qu’il lui impose ?

Dans d’autres circonstances, lorsqu’un enfant est conçu par le rêve fou de deux ados en quête d’une stabilité de vie refusée par leur statut de gamins irresponsables et que le jeune homme fou d’amour devient,d’un coup, encore plus fou et décide de briser ce rêve construit à deux, par un abandon total et sans répercussion pour lui, d’une jeune fille trahie et cassée par ce rêve qui explose; Pourquoi celle ci devrait, à travers les yeux de tous, assumer son statut et le choix qui a été fait à deux, seule avec les dernières forces qu’il lui restera pour permettre à son image de n’être plus salie que ce qu’elle n’est déjà par l’acte lâche et injuste de celui qui l’a déjà abîmé auparavant ? Pour la simple raison qu’elle a, un jour,  cru en le courage d’un homme qui lui a promis d’être toujours près d’elle?

Cet homme, ce lâche qui, finalement ne sera jamais forcé ni reconnu coupable d’avoir mis en danger moral et psychique la vie d’une femme et d’un enfant qui devront chacun leur tour se battre pour leur survie sociale et physique … Sacrifier un avenir, des études, une famille et un honneur parfois … Par la faute d’un homme qui ne sera jamais jugé pour sa fuite, les épreuves qu’ils imposera à une maman seule et l’abandon d’un enfant sans père …

Les femmes sont fortes, les femmes sont solides , les femmes essuient sans cesse les actes manqués de ceux qui les ont fait pleurer un jour…

Au rythme des battements du coeur de son enfant , une femme, aussi jeune soit elle , deviendra le seul et unique héros d’une famille improvisée sur le tas , mais cette reconnaissance, faites parfois par d’autres, court toujours le risque de ne pas se refléter dans les yeux de son fils …

Les questions, la colère, l’injustice et ce vide éternel seront les bases solides de sa petite vie …  Peu fiable n’est-ce pas ? Peut-on ressentir une fois, rien qu’une fois la douleur d’une mère élevant son enfant seul depuis toujours, essuyant les larmes, les cris et les reproches d’un enfant qu’elle aura nourri, consolé, câliné, soigné et aimé seule toute sa vie à travers les éléments les plus offensants d’une vie de solitude ?

Alors, pourquoi la chance et le privilège de porter son enfant en soi, pendant 9 mois, devrait devenir le sentiment d’une prise d’otage lorsque sur le coup de  folie ou l’avis d’une seule personne sur les 3 qu’ils devraient être,  tout bascule ?

Je suis intimement persuadé que les choses devraient changer , qu’une grossesse ne peut être rejetée ou reniée par celui qui en est le second acteur .

Nous ne devrions plus croire en la fatalité d’une situation dans laquelle le géniteur puisse se reposer sur une issue de secours qui lui est réservée … Peut-on dire dans ce cas, que l’on se fait poignarder à vie quand celui-ci décide seul, suite a un acte avec conséquences, de rayer tous les espoirs et les rêves d’avenir d’une jeune fille ?

Très vite , la nouvelle maman, tout juste le temps d’accepter ce à quoi elle devra se résigner , devra se comporter et donner la preuve qu’elle est une mère exemplaire et assumer son nouveau statut … Ses gestes, ses paroles et son amour seront jugés , pointés du doigt et approuvés ou non par ceux qui ne voient plus en elle une femme blessée et abandonnée de rêves , d’espoirs, d’avenir et de père mais une maman solide qu’elle doit être …

Et pendant ce temps, la seconde moitié de cet enfant se donnera une seconde chance, avec une femme, un avenir et un travail pour lequel il aura continué d’étudier et choisira d’assumer les enfants qu’il voudra bien reconnaître … Finalement il aura des chances infinis d’effacer et de recommencer à sa convenance ses « brouillons inassumés », laissant derrière lui des jeunes femmes à qui il aura, sans regrets, coupés les ailes …

Finalement, la plus grande force d’une mère célibataire sera, peut-être, de ne pas voir en leur nouveau né, la traîtrise d’un homme sur lequel leurs espoirs étaient bâtis … Leur force d’amour est insubmersible.

Il n’y aura jamais de quête plus précieuse que d’aimer seul son enfant comme il aurait dû être aimé à deux.

Il n’y aura jamais de combat plus juste que celui d’être l’égale de ceux qui ont droit à une seconde chance.

Alizée T.

Les Services sociaux…

Que faut-il attendre du suivi et des rapports avec les travailleurs sociaux ?

Des prémices de son parcours de nouvelle maman jusqu’au point final de sa prise en charge, la jeune maman est parfois confrontée à se dévoiler à des personnes qu’elle ne connaît pas et qu’elle ne reverra peut être plus jamais après leur première rencontre.

Il est d’usage que pour le bon cheminement dans la tête de la jeune femme, la personne qui la découvre et la cueille au départ d’un nouveau chemin, ne  l’aiguille pas, ne la conseille pas non plus, elle reçoit parfois en même temps que le jeune maman, les réactions et les sentiments confus d’une nouvelle situation. Son rôle sera de faire réfléchir, de ne pas réagir, de ne pas vraiment la soutenir… Dans le meilleur des cas, elle constate et note… Pour des raisons qui ne serviront jamais ou très rarement sa cause.

Je n’arrive pas à comprendre encore que ces façons de travailler avec des adolescents en recherches de réponses sur l’avenir qui les attends soit la seule et unique alternative pour décharger le coeur d’une jeune maman d’une partie de ses angoisses et de ses culpabilités.

Ne faudrait-il pas, au delà de l’écoute unique et par choix de ne surtout pas prendre le risque d’en faire trop, poser à cette jeune personne en attente de solutions concrètes dans l’espoir d’amorcer un avenir bien flou en étant un minimum armé contre ce qui l’attend, les vrai questions? La prévenir des dangers, des embûches? Et ne plus la laisser avoir peur toute seule?

Comment peut-on penser qu’une jeune maman n’a ni l’envie ni le besoin que l’on lève une partie du voile sur les risques des décisions qu’elle pourrait prendre? Pourquoi prendre le parti d’aider par l’inactivité et le mutisme quand on sait pertinemment que l’adolescente en face de nous se met en danger? Quels genres de risques prend t-on lorsque, en toute conscience, nous laissons une maman adolescente prendre un chemin que nous connaissons ne pas être le plus sécurisant pour elle et son enfant , juste par peur de prendre trop de responsabilité par rapport à ce qu’il est demandé de prendre ?Comment se prétendre « aide social » quand la limite de ce service s’arrête à l’assistanat d’une chute sociale ?

La frontière est souvent très mince entre les services sociaux et la jeune maman à l’égard des rapports que ceux-ci établissent être eux.

Bien qu’ayant conscience du rôle de conseiller et du soutien que devrait avoir le professionnel en face d’elle, la jeune maman se sentira souvent méfiante à l’égard du pouvoir que pourrait avoir ce professionnel social sur son avenir de maman et sur celui de lui enlever son enfant si elle commet l’erreur de se confier un peu trop, en plus de toutes les conséquences terribles de quelques confidences faites avec une trop grande naïveté ou par réel besoin de se décharger d’un coeur trop lourd.

Un vrai problème se pose… Se confronter à des personnes se présentant comme bienveillantes sans véritablement savoir vers qui est dirigé cette bienveillance , au bébé ? A la maman? Aux services sociaux? Le poids de tout ce petit pactage émotionnel est déjà lourd à traîner, mais lorsque les seules personnes légalement missionnés pour les faire avancer ne leur inspire aucune confiance, sur qui pourraient elles réellement s’épancher sans craintes ?

Évoluer dans un monde avec la sensation permanente et lourde de ne pas se sentir correctement jugé est encore une fois le résultat de beaucoup de chagrin.

Vivre avec la menace que ceux qui nous connaissent le mieux soient ceux qui pourraient engendrer la perte de notre enfant.

L’aide passive me fait l’effet d’une lâcheté par laquelle personne ne se risquerai à véritablement venir en aide par le conseil et/ou la mise en garde, dans le but d’être le plus concret possible .

Tous les parcours de vie sont différents les uns des autres, par leurs passés, par leurs combats, par leurs blessures et leurs volontés d’arriver à élever leurs enfants malgré tous les obstacles que leur route peut contenir. Certaines auront donc besoin d’être rassurés, écoutés et parvenir à cheminer par elle même, d’autres de se confronter aux réalités de certains choix, visualiser les risques et connaître les aboutissants possibles d’une situation.

JUSTE UN DERNIER MOT …

J’ai effectué de nombreuses recherches concernant la prévention des grossesses précoces en France. j’ai constaté à plusieurs reprises ( sites: OMS, SENAT…) l’importance d’établir un dispositif de prévention pour ces grossesses, le ministère du Droit Des Femmes semble répondre à ce sujet de société par la prévention à travers l’éducation sexuelle à l’école, l’amélioration des conditions financières d’accès à la contraception pour mineurs…

Très bien mais après ? Qu’en est-il de la prévention une fois que la grossesse adolescente a été avéré ?

La prévention des risques pour le destin de la maman et de son futur bébé? La prévention sur leur santé physique et psychique à court et long terme? La prévention sur le contexte de vue de ce futur duo? Sur la solitude souvent mal vécu et en suivant parfois le regret des choix passés? La prévention du jugement, des regards, des menaces et de la pression de ne pas se sentir à la hauteur? La prévention de la stigmatisation à travers le regard des inconnus, des professionnels ou de sa propre famille? La prévention des espoirs cachés d’un nouveau départ? La prévention du rôle éprouvant d’une maman adolescente célibataire dans certains cas? La prévention des doutes, des pleurs, des petits copains qui disparaissent, du sentiment de s’être fait trahir par celui qui avait promis d’être là? La prévention des risques liés à une vie socialement pauvre qui entraîne la fragilité, la naïveté et l’influençabilité? La prévention des fins de mois difficile, des priorités que l’on devra apprendre à faire?

Se sentir l’âme d’un sauveur par le simple fait d’assister au basculement soudain d »une jeune vie dans un univers semé d’embûches est souvent plus simple que de s’accomplir de la véritable mission de sauver des parcours de vie.

Alizée T.