La famille …

Nous connaissons les étiquettes qui nous sont flanquées sur notre front dès lors où nous ne répondons plus à l’appel de la normalité de notre famille adorée . Alors, un acte aussi définitif que celui de la maternité précoce se verra t-il un jour oublié ou toléré par ce joli cercle que nous connaissons depuis toujours ?

J’ai personnellement compris la personne que j’étais pour eux, lorsque, pour mon plus grand regret, leurs paroles accusatrices, leur préjugés et les prévisions sur mon avenir qu’ils se chuchotaient entre eux parvenaient jusqu’à moi, lorsque les masques sont tombés, que les chuchotements, les regroupements, les regards discrètement échangés, les remarques, l’exclusion volontaire des « moments de parole » organisés à l’encontre de ma jeune personne se lassaient de leur discrétion et se dévoilaient, par la plus terrible des souffrances pour moi, à mes oreilles… Je devenais sans aucune forme de compassion, la coupable de la honte de leur vie, la coupable de leurs problèmes que ma situation leur causait. Ils souffraient atrocement par ma faute et j’étais désapprouvé par tous car mes maux ne comptaient plus maintenant… Les leurs accompagneraient ma route pendant de longues années sans même qu’ils ne le sachent je pense… Je portais à présent ma culpabilité et celle de ma famille.

Jusqu’où la honte d’accepter dans sa famille un tel écart peut mener? Jusqu’où peut-elle creuser la solitude et l’humiliation de la personne qui n’est plus des leurs? Ils ont détruit ce qu’ils avaient bâti pendant 17 ans… Quelle forme de douleur peut percevoir et ressentir une gamine qui se voit expulsé d’un cercle qu’elle était persuadé qu’il était le plus solide du monde? De qui pourrait bien être la faute de la suite désastreuse qu’elle fera vivre à son parcours? Quel genre de valeurs familiales pourra t-elle inculquer à son enfant? En tant qu’adulte formateur et procréateur de vie, a t-on réellement le droit de détruire ce que nous avons construit simplement parce que le résultat de nos efforts ne nous convient finalement pas ?

J’ai commis l’erreur de courir après l’amour des miens et ai même tenté par moment de fuir la « chose » qui m’avait valu leur rejet… J’ai pris chaque invitations à leur table, chaque sourires de façade, chaque conversations, comme une chance de pouvoir racheter ma faute et devenir le personnage qu’ils accepteraient d’assumer et d’aimer… J’ai essayé de devenir à leurs yeux, dans leur pensées, une personne dont ils pouvaient, peut-être, être un peu fier…

J’ai rêvé qu’ils oublient mon erreur et que nous nous mettions tous d’accord sur cet acte fou, qui ne me ressemblait pas. J’étais prête à trahir la confiance de ma petite fille, pour revivre l’amour des miens,  plaire à ceux qui m’avaient sorti de leur vie et qui ne m’aimais plus vraiment… J’ai honte… Mais la vie leur offrait tant de jolies choses à chacun que j’ai moi aussi voulu goûter, comme avant, à ce bonheur que celle-ci offre parfois et que je n’avais plus savourée depuis un moment déjà… Je ne voulais plus être seule, je voulais juste, que l’on juge de la chute sociale de quelqu’un d’autre que moi…

Ce vide et ce sentiment d’abandon me poursuit encore… il n’y a pas si longtemps j’ai cru, bêtement, qu’il était de mon devoir de préserver le minuscule et ridicule reste de ce qui me liait à la famille qu’il me reste… J’ai pensé, et parce que je connais les douleurs d’être seule, qu’il était important et vital que je prenne soin du reste de ma famille… J’ai tout accepté, j’ai acquiescé même lorsque mon coeur et ma tête disait non, j’ai ri lorsque l’on me dénigrait, j’ai écouté des paroles pleines de fausses excuses sur la façon dont j’ai été lâchement abandonné… Et j’ai réalisé, un matin, que je me mentais, que je ne devais plus être la seule à me battre pour conserver l’amour des miens, que je ne devais plus être victime des erreurs commises par ma famille, que j’avais passé trop de temps à reconnaître les miennes sans jamais entendre celles commises par les autres…

J’ai avancé et ai construit ma vie sur la culpabilité et la honte que l’on m’a insidieusement invité à ressentir… Pourtant, ces blessures m’ont données la force d’écrire aujourd’hui, de partager et de livrer les troubles qu’ont causés ceux qui se vantent d’ avoir fait mieux que moi…

J’aimerais m’adresser à ces mamans jugées parce que « pas comme il faut »… Si un jour, quelqu’un commet l’erreur de penser que vous n’aurez pas la force, qu’il vous fait douter de votre capacité à aimer, vous laisse croire que l’on peut s’adresser à vous comme à un enfant parce que vos choix les déstabilise, sachez que vous avez une force qu’il n’ont pas … celle que vous avez mis au monde. Ne culpabilisez plus de faire grandir votre enfant à travers la force qu’il vous procure …

Alizée T.

RÉCIT N°7

Je ne saurais définir le lien qui nous unit elle et moi .

Tout cela n’est parti de rien, je n’ai pas eu la chance de connaitre, l’attente, la hâte et l’amour instantanée que d’autres mamans ont vécu . Elle est arrivée lorsque j’avais tout perdu, lorsque la solitude m’avait submergé toute entière … Elle n’était attendue de personne et portait les accusations d’une vie antérieure qu’elle n’avait jamais connu mais qui m’avait valut le soulèvement d’une famille entière …

Elle avait tout à prouver , à commencer par son adaptation à ma vie pas très claire , il faudra qu’elle sache, avant même que l’on apprenne a communiquer elle et moi, à me suivre dans toutes mes erreurs, sans jugements, sans bruits et pire… avec amour… Je n’accepterai de toute façon plus un quelconque manque de sentiments à mon égard de la part de qui que ce soit … Si je devais partager ma peine et ma souffrance , j’espérais au moins que cette moitié puisse me la pardonner sans aucunes hésitation…

Elle apprendra parfaitement à devenir cette acolyte de galère idéale… Elle me regarda chaque fois, avec espoir de changer nos jours en autre chose de meilleur, elle ne pleurera que très peu, juste les fois où il fallait me rappeler qu’être mal au fond de moi lui faisait du mal à elle aussi , je comprendrai très vite que la serrer contre moi et lui chuchoter quelques mots la délestera de ses peurs… Elle sourira, assez souvent pour que ce trait de caractère la définisse encore aujourd’hui … Elle ne se plaindra pas, jamais en fait, elle est habitée d’une force intérieur que je ne connaissais en personne, je la confronterai à des épreuves de vie chaque fois plus dures et insupportable les unes que les autres, et toujours, elle se révélera bien plus forte que moi. Spirituellement, elle me prendrait par la main et me trainerait jusque la ligne d’arrivée d’une étape franchie …

Je ne sais pas si j’ai aimé ma fille de tout mon coeur à la seconde où mes yeux se sont posés sur elle, certainement parce que mes yeux étaient déjà embués par les larmes d’un avenir qui m’effrayait , mais aujourd’hui, je peux dire que j’aime ma fille à en crever … J’ose avouer même que je lui voue un respect éternel et je garderai en moi l’impression folle qu’elle me surpasse sur tous les points . Je sens en elle l’âme d’une protectrice d’une vie . Elle m’a sauvée moi, en voulant se sauver elle . Elle est ce que je n’ai jamais su être… Je ne connaitrais rien d’équivalent à la reconnaissance que je lui doit. C’est bien plus que de l’amour elle est la force , le combat et la réussite d’un parcours de vie.

J’ai appris à aimer ma fille lorsque j’ai compris qu’il fallait que je sois à la hauteur de son amour pour moi… Nous ne pouvions nous aimer « normalement » , il fallait que tous ces sentiments soient au moins comparables et aux niveaux des épreuves qui ont bien souvent tentées de l’égratigner …

Je ne sais pas si cette course folle, à essayer de ne jamais perdre ce qui nous a unit ne l’a jamais fait souffrir , si tout cela n’aura jamais d’impact sur sa vie future … Mais dans tous les cas, je serais là, toujours, car elle m’a tout appris. Appris a traversé tous les orages du monde pour le bonheur d’une personne ayant la faiblesse de croire que tout est perdu… Je serai là, chaque fois qu’elle ne sera peut être plus sur de m’aimer, parce que grâce à elle, je sais maintenant que l’on contient assez de force pour aimer pour deux dans les causes les plus perdues …

Alizée T.

 

 

 

 

RECIT N°6

Il y a une ligne que j’aurais aimé ne pas franchir, celle ci est tellement proche qu’il m’est déjà possible d’en distinguer son côté sombre. J’ai conscience que de mettre un pied de l’autre côté nous perdrait ma fille et moi, pourtant ce qu’il s’y trouve pourrait donner raison à mes décisions un peu folles.

Je sens bien que pour le reste du monde, ma place est de l’autre côté car il n’y a que là-bas que ce que je vis à l’avantage de passer communément et être accepté de tous.

Pour les personnes que je rencontre je n’ai ni passé, ni vraiment d’avenir, je suis ce que je représente sur l’instant, on ne m’excusera jamais ma première impression, qui sera légèrement faussé, je suis représenté par des vêtements que je n’aurais jamais trop la force et le temps de repasser et une énorme poussette qui précédera chacun de mes pas. Je perd, au fil du temps, un vocabulaire que ma mère aura pris le grand soin de m’apprendre ainsi que des manières que j’adorais autrefois exhiber tant l’on me complimentait à une époque, qui aujourd’hui, me parait très loin. Rien ne me distingue des jeunes filles dans mon cas, nous sommes ce que nos parcours de vie ont fait de nous et j’ai la sensation désagréable de ne plus pouvoir essayer d’être celle que j’ai pourtant toujours été.

Ne plus avoir mes parents, ma famille à mes côtés, semble dans ce nouveau monde ne pas surprendre, ni attrister. je rentre apparement dans les critères de cette nouvelle vie. Je suis seule, perdue et responsable d’une autre vie que la mienne, je comprends être le profil type qu’il faut absolument englué dans le système de la misère sociale que vais très vite confronter.

Lorsque mes parents ont appris ma grossesse, ils ont exactement eu les réactions que j’appréhendais . Les réactions pour lesquelles j’avais fait de ma grossesse un si grand secret. On ne peut, malheureusement, pas anticiper les pensées ni les sentiments de quelqu’un face à une situation qu’il n’aurait jamais penser vivre. Certains se révéleront courageusement réactifs, d’autres décevront par leur manque terrible de témérité.

C’est dans une atmosphère aussi pesante que bouleversante que je m’apprêtais, une fois de plus, pour ne pas dire une fois de trop, à décevoir mes parents. Leurs espoirs et les miettes de confiance que j’étais encore la dernière à espérer de leur part, voleront en éclats.

Aucun d’eux n’aura vraiment fait preuve de compassion. Pas un regard, les murs de la petite pièce dans laquelle nous étions confinés mon père et moi se tenait en témoin d’un déchirant et douloureux abandon de sa part… mon père est un homme pudique très pudique, trop sûrement. je n’ai jamais su, si dans se yeux demeurait la déception ou la tristesse, cependant peu importe ce que son regard contenait , son coeur lui avait décidé de couper froidement ce qu’il restait entre nous.

Ma mère, préférera s’en aller, sans un regard, sans un mot, elle emporta avec elle sa déception, ma culpabilité et je gardais pour moi, mes cris de désespoirs face à ma compréhension de la voir abandonner l’amour qui aurait dû la maintenir près de moi. Je la revois, sur le parking, monter dans sa voiture, en imaginant qu’elle puisse pleurer pour moi, regretter peut être … A ce moment là, je ne savais pas encore que je ne reverrais ma mère que 2 ans plus tard … Ce fut apparemment le temps, pour nous, qu’il aura fallut pour nous pardonner nos erreurs…

J’ai su, au moment de l’annonce que je n’étais plus leur enfant, car pour la première fois de ma vie leur regard et leur colère ne m’épargnais plus .

La fille que j’étais devenu depuis quelques années était apparement déjà loin sur son chemin d’errance émotive et de révolte pour que cette grossesse puisse surprendre qui que ce soit.

J’avais confirmé, par cette situation, que le bordel spirituel qui me rongeait était arrivé au bout de son travail de destruction.

Alizée T.

 

Récit N°5

Il m’arrive de l’imaginer dans 3, 5 10 ans parfois … Rêver d’une vie que l’on pourrait avoir, imaginer que les choses auront le temps de changer, me persuader qu’un jour tout basculera et me redonnera la chance de vivre une vie plus douce …

Je me bat avec la fatalité et persévère dans la recherche d’un signe du destin, tout ce qui nous arrive ne peux m’être fait pour rien, tout ce que nous connaissons actuellement, toute cette solitude, cette survie, cette angoisse permanente de ne pas arriver à donner à ma fille la sécurité que je devrait lui procurer ne peut m’être infligé pour rien …

Serais-je tout à fait démuni de force ?

Est ce que tout cela serait aussi dur et sombre que mon désespoir veuille bien me laisser penser ?

L’enfant que je suis encore en partie, se laisserait volontiers recroquevillé dans un coin, la tête entre les bras à attendre que quelqu’un de plus adulte lui promette que tout est enfin finit et que ça ne recommencera plus jamais … La maman que je deviens jour après jour, parfois malgré moi, à envie de croire qu’elle n’est pas si faible d’esprit qu’il serait plus simple de croire , cette jeune maman pense pouvoir trouver en elle quelque chose qui la poussera à regarder sa fille comme un moteur à un vie plus belle , plus riche et moins chaotique que prévue … La maman imagine sa petite fille plus tard , plus grande, plus apte à la voir comme une personne solide et confiante qu’elle pourrait être…

Je trouverai , à mesure du temps qui passe , un défi à relever que j’obligerai mon moi enfant de confronter, afin de donner une parcelle de plus de moi adulte à un moi encore déséquilibré … Je me lèverai seule, fatiguée, très fatiguée mais déterminée comme une maman, chaque fois que ma fille pleurera la nuit. J’aurais peur , très peur comme une maman chaque fois qu’elle sera malade. Je la serrerai fort, très fort contre moi comme une maman, chaque fois que nos âmes auront besoin de fusionner. Je rigolerai fort, très fort comme une maman, chaque fois qu’elle me fera rire. Je pleurerai longtemps, très longtemps, chaque fois que je tremblerai pour l’avenir incertain que je suis en train de lui offrir, car je suis une maman improvisé et si je n’ai personne pour m’aider je me sentirai le droit de pleurer.

A travers elle, j’ai découvert bien plus que la maternité , les doutes, les peurs, les courtes nuits et la fatigue , ce tout petit être qui a bouleversé bien des choses, qui à renversé ma famille, qui à été jugé si violemment avant même de respirer l’air de ce monde m’a appris qu’il était possible d’être plus forte que n’importe qui à travers la volonté d’aimer intensément …

Alizée T.

RECIT N°4

Je sens sur moi chaque regard que les autres posent sur moi. En me volant la chance de leur fournir le moindre détail sur les conséquences de mon choix ou de ma situation ils m’amputent le droit de leur confier ma peur face à ce gouffre social.

Les autres, dressent certainement de moi le portrait d’une gamine paumée, engrossée bien trop jeune par un gamin au moins aussi irresponsable qu’elle. J’arrive à lire lisiblement l’avenir qu’ils m’offrent, les raisons de mon échecs et les faibles chances de la pauvre petite chose recroquevillé dans sa poussette de connaitre un jour la paisible chaleur d’un foyer car condamné à vivre la vie déséquilibré qu’une mère précoce à égoÏstement choisie pour elle.

Mon regard ne croisera que très peu de fois le leur, le poids du jugement aura eu raison de ma courte determination à paraitre au moins un peu « normale », je sentirai toutefois, toujours, la désapprobation de ma situation. J’ai honte et le poids de leurs jugements ne sera jamais sans conséquences, je comprend alors que je ne suis pas la seule responsable de mon incapacité à donner à ce petit être la force d’une mère qu’il mérite pourtant d’avoir.

Le reste du monde étouffera par son mépris mes troubles espoirs de faire goûter à ma fille la douceur d’une vie que j’ai moi même connu dans le passé et m’expulsera vers la pénombre d’un monde de survie sociale et d’insécurité.

Je n’accorderai plus assez de temps à mes rêves pour me transporter vers des envies de meilleur, je n’ai plus le temps pour rêver ni assez de place pour mes rêves. A présent, il y a elle, moi et le brouillard…

Alizée T.

Récit n°3

 

Nous vivions notre cohabitation avec beaucoup d’incertitude, nous étions 2, mais la nuisance que l’une procurait à l’autre nous avait enlevé la moindre parcelle d’envie de fusionner.

Je sentais en elle parfois, l’envie très humaine de se laisser aller à moi, mais l’inquiétude que je ressentais à ce moment là de décevoir ses trop grandes attentes, forçait tout en moi de ne pas lui donner l’opportunité de me voir comme la mère que j’aurais du être.

La peur de ne pouvoir lui offrir ce qu’elle attendais de moi, m’empêchait de m’abandonner à toutes sortes d’essais affectifs.

Elle était elle et j’étais moi, deux corps bien distincts avec, pour seul similarité, la peur de l’inconnue. La mettre à l’écart de tout espoir de me faire un jour confiance me donnait l’impression de l’éduquer contre la déception du reste du monde.

Je tenais d’une certaine façon, le rôle du guide de sa petite vie, qui était à mes yeux teinté d’une grande obscurité. Je crois que je pensais tenir de cette façon mon rôle de mère, je lui apprendrais ce qu’est la vie telle que nous serons certainement condamné à la vivre et dans ce cas, je lui donnerai peut être la force nécessaire de ne jamais compter sur moi.

Alizée T.

Récit n°2

–  » C’est un endroit pour toi!  »

il me reste 1 semaine pour préparer mes affaires et celles de ma fille, elle a 2 mois à peine. De la même façon qu’elle, je ne comprend pas vraiment ce qui m’attend…

Je suis prête à suivre n’importe qui tant que l’on m’assure que tout ira bien pour nous. Je n’ai pas la force de me méfier de qui que ce soit, la culpabilité d’avoir fait trop de mauvais choix, m’empêche de m’opposer à ce que l’on me demande de faire.

« Elle » n’est que le second passager de ce voyage encore bien flou. je sais pourtant qu’elle m’accompagnera tout au long de celui ci, mais avoir peur pour moi m’a déjà trop affaiblie pour pouvoir avoir peur pour elle.

Le foyer  » jeune maman « dans lequel nous sommes déposé me semble méconnu, rien de ce que je vois ne me parait familier, la photo de mes 2 soeurs et moi ne trône plus sur le grand buffet du salon de ma mère, la voix que j’entend à l’étage au dessus de moi n’est plus celle de mon père, l’odeur que je sent ne sera jamais celle de la cuisine de ma mère, rien ne me fera plus jamais me sentir chez moi… Je ne suis pas chez moi, je suis ici pour elle et d’après ce  que je peux comprendre du discours de mon éducateur, le jugement et la menace qu’on me sépare de celle qui me permet de lutter à travers les éléments, fera à présent partie de mon quotidien.

Comme pour ajouter au malheurs accumulés de ma vie, je dois maintenant prouver à la terre entière, la mère assumée, stable et saine que je ne suis pas… l’instabilité, la peur et la solitude m’ont étouffés dans leur bras depuis des mois maintenant…

 » Je ne te promet rien ma fille, je ne connait pas encore la force invisible d’une mère »

Assise dans l’entrée de cette bouleversante  » maison du bonheur « , je suis seule, je sers contre moi, l’être le plus précieux que j’ai au monde et je pleure… Je la serre si fort dans mes bras, comme pour sentir ceux de ma mère autour de moi…

Alizée T.

Récit n°1

J’ai tout juste 18 ans et je sais que je ne suis plus une adolescente comme les autres. Les regards, le mépris, les jugements, tous ces gens autour de moi me paraissent accusateurs d’une situation que je ne gère pas moi même, je crois percevoir des milliers d’histoires se créer dans leur tête.

Pour beaucoup, je dois être la pauvre fille un peu paumée, à l’enfance torturée voulant comblée un semblant de vide dans son chemin de vie sinueux.

Pourtant, mon enfance fut riche d’amour, d’influence sociale et d’attention, alors non, ce que je vis là n’est ni le résultat d’un traumatisme ni celui d’une enfance chaotique.

J’ai pu voir des dizaines de reportages sur les mamans ado, retraçants des parcours de vies déséquilibrés, solitaires ou socialement pauvres, on y voit des portraits de jeunes femmes caricaturés afin de soulignés l’effet misérable d’une grossesse non désirée d’une jeune fille n’étant même pas encore en âge de conduire une voiture…

Je comprend par tout ceci qu’être maman aussi jeune n’est qu’une enclume me plongeant  encore un peu plus dans la misère sociale dans laquelle je suis propulsée.

Au rythme d’un battement d’aile, mon espoir d’être sauvé du futur qui m’attend gentiment , s’éloigne à mon gout, un peu trop vite …

Alizée T.

Introduction

J’ai l’espoir qu’en racontant et en partageant mon histoire, je puisse « aider » de jeunes mamans rencontrant une passage de leur vie difficile, bouleversant et isolant, comme se fut le cas pour moi il y a bientôt 9 ans déjà…

Il y a quelques mois maintenant, j’ai pris conscience que mon expérience et mon histoire, peuvent à toute petite échelle, servir peut être à traverser la situation engouffrante à laquelle des jeunes mamans peuvent être confrontées.

Etre maman jeune et isolée n’est pas seulement un tournant curieux et socialement perturbant, c’est surtout un traumatisme imperceptible qui nous suit durant toute notre vie.

Etre maman à 16, 18, 20 ans n’est pas simplement un sujet d’étude intéressant, nous sommes aussi un parcours de vie, une histoire douloureuse parfois qui ne se transformera en vie plus douce que par la volonté et la determination de ne pas voir notre enfant nous être retiré pour des raisons dont on nous parle malheureusement trop souvent ou de ne pas voir notre bébé s’habituer et grandir dans un environnement que nous ne contrôlons pas.

Donner un équilibre, une chance de réussir ainsi qu’une famille à notre enfant est une logique de pensée que toutes les mamans connaissent, malheureusement une maman ado ou une jeune maman isolée tentera dans un premier temps d’apprendre à aimer un enfant qu’elle n’a parfois pas désiré.

Je m’appelle Alizée, j’ai 27 ans et je suis maman depuis l’âge de 17 ans. Ma fille a bouleversé ma vie et même si les difficultés que nous avons vécus ne s’effaceront certainement jamais, nous avons réussi à traverser ce brouillard et à donner une jolie issue à notre histoire alors même que celle ci fut tellement semé de difficulté qu’il a été plus d’une fois, plus facile pour moi de baisser les bras que de combattre les difficultés et la souffrance que j’ai pu rencontrer …

Je souhaite partager tout cela car je sais à quel point la culpabilité de ne pas faire les choses correctement influence un parcours de vie.

Je crois en la force de chacune des adolescentes devenus maman.

Alizée T.