Récit N°5

Il m’arrive de l’imaginer dans 3, 5 10 ans parfois … Rêver d’une vie que l’on pourrait avoir, imaginer que les choses auront le temps de changer, me persuader qu’un jour tout basculera et me redonnera la chance de vivre une vie plus douce …

Je me bat avec la fatalité et persévère dans la recherche d’un signe du destin, tout ce qui nous arrive ne peux m’être fait pour rien, tout ce que nous connaissons actuellement, toute cette solitude, cette survie, cette angoisse permanente de ne pas arriver à donner à ma fille la sécurité que je devrait lui procurer ne peut m’être infligé pour rien …

Serais-je tout à fait démuni de force ?

Est ce que tout cela serait aussi dur et sombre que mon désespoir veuille bien me laisser penser ?

L’enfant que je suis encore en partie, se laisserait volontiers recroquevillé dans un coin, la tête entre les bras à attendre que quelqu’un de plus adulte lui promette que tout est enfin finit et que ça ne recommencera plus jamais … La maman que je deviens jour après jour, parfois malgré moi, à envie de croire qu’elle n’est pas si faible d’esprit qu’il serait plus simple de croire , cette jeune maman pense pouvoir trouver en elle quelque chose qui la poussera à regarder sa fille comme un moteur à un vie plus belle , plus riche et moins chaotique que prévue … La maman imagine sa petite fille plus tard , plus grande, plus apte à la voir comme une personne solide et confiante qu’elle pourrait être…

Je trouverai , à mesure du temps qui passe , un défi à relever que j’obligerai mon moi enfant de confronter, afin de donner une parcelle de plus de moi adulte à un moi encore déséquilibré … Je me lèverai seule, fatiguée, très fatiguée mais déterminée comme une maman, chaque fois que ma fille pleurera la nuit. J’aurais peur , très peur comme une maman chaque fois qu’elle sera malade. Je la serrerai fort, très fort contre moi comme une maman, chaque fois que nos âmes auront besoin de fusionner. Je rigolerai fort, très fort comme une maman, chaque fois qu’elle me fera rire. Je pleurerai longtemps, très longtemps, chaque fois que je tremblerai pour l’avenir incertain que je suis en train de lui offrir, car je suis une maman improvisé et si je n’ai personne pour m’aider je me sentirai le droit de pleurer.

A travers elle, j’ai découvert bien plus que la maternité , les doutes, les peurs, les courtes nuits et la fatigue , ce tout petit être qui a bouleversé bien des choses, qui à renversé ma famille, qui à été jugé si violemment avant même de respirer l’air de ce monde m’a appris qu’il était possible d’être plus forte que n’importe qui à travers la volonté d’aimer intensément …

Alizée T.

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